Présentation Générale de l'Arche


D’AUTRES MONDES SONT POSSIBLES :

L’ARCHE DE LANZA DEL VASTO : UNE ALTERNATIVE

Introduction

I. Historique
Gandhi
Lanza Del Vasto
L’Arche

II. Base de réflexion sur le mode de vie communautaire
La lutte commence par soi-même
Réformisme, révolution ou vie communautaire
Petite société non coupée de La Société
Laboratoire d’expérimentation, non structure figée universalisable

III. Alternative Economique : La Décroissance

IV. Alternative Politique et Sociale
Le consensus
L’autorité
La désobéissance
Distinction du système marxiste

V. Alternative spirituelle au Mode de Vie consumériste
De l’esprit de profit et de domination vu comme le péché originel et de la nécessaire sortie du « matérialisme hédoniste narcissique »
Spiritualité de l’Arche
Position par rapport aux religions
La Fête

VI. Actualité de l’Arche

Conclusion

VII. Annexes
Actions non violentes
Bibliographie
Coordonnées des communautés











Introduction :
A l’heure actuelle, nombreux sont les mouvements alter mondialistes, partis, syndicats, associations, groupe religieux, … qui clament qu’un autre monde est possible, qu’on peut vivre sur la Terre sans la détruire, que la dictature de l’économie libérale, des multinationales et de la finance mondiale n’est pas une fatalité. Majoritaires sur la Terre sont les humains qui la subissent, un certain nombre la dénoncent, beaucoup moins nombreux sont ceux qui luttent contre et… une infime partie d’entre eux tentent de vivre différemment en construisant des alternatives concrètes. Depuis déjà 50 ans maintenant, l’Arche s’inscrit pleinement dans cette dynamique, ses membres essaient de vivre la non-violence dans tous les aspects de leur vie : économique, politique et social, spirituel, alimentaire… Et si dans les faits, tout n’est pas sans défaut, loin de là, l’important est de dépasser l’inertie écrasante de la majorité silencieuse tout autant que la stérilité de la minorité en perpétuelle critique.


I. HISTORIQUE

Gandhi

En 1869, lorsque naît Gandhi, son pays s’appelle encore les Indes, fleuron de l’Empire Britannique et joyau de la reine Victoria. Quand il meurt assassiné le 30 janvier 1948, l’Inde est devenue libre. Ce petit homme maigre souleva d’abord les indiens d’Afrique du Sud, puis l’Inde entière, avec des moyens et des actions simples, sans aucune violence. L’Histoire ne connaît pas d’autres exemples de libérateur d’un pays entier qui ait su comme lui, gagner la liberté par la désobéissance civile non violente, que Gandhi appelait « Satyâgraha », la force de la vérité.
Mais son but n’étant pas la décolonisation en tant que telle puisque la liberté politique sans la liberté économique est dérisoire (pas le libéralisme économique qui est l’asservissement du plus grand nombre à une minorité de puissants mais plutôt la libération face à ces puissants : l’autogestion), Gandhi a mis en place des ashrams (nom indien pour communauté) où cohabitaient intouchables et brahmanes (« si nous ne voulons pas être dominés, ne dominons plus ») et où l’on tentait d’acquérir une autonomie matérielle et politique : « puisque les industries anglaises nous achètent à bas prix notre coton et nous le revendent plus chers sous forme de vêtements, ruinant ainsi nos tisserands et exploitant nos paysans, n’achetons plus de vêtements anglais, produisons nous-même nos vêtements et chaque chose, ne participons plus à notre propre exploitation,… »
Ainsi pour Gandhi, la vraie liberté de l’Inde viendrait lorsque vivront côte à côte brahmanes et intouchables, hindous et musulmans, lorsque chaque village prendrait en main son autonomie politique et économique.

Lanza Del Vasto

Italien d’origine noble, Lanza naît en 1901. Il fut écrivain, poète, philosophe, musicien, dessinateur, ciseleur… Après des études de philosophie, il rejoint Gandhi en 1937 en qui il voit « le seul qui, dans le désert de ce siècle, a montré une pointe de verdure ». Malgré la tentation de rester en Inde, celui que Gandhi a nommé « Shantidas » (serviteur de Paix) décide de rentrer en Europe et de fonder un mouvement gandhien fondé sur des communautés d’hommes et de femmes essayant d’élaborer une nouvelle société basée sur la non-violence, tout en organisant des actions non-violentes (voir encadré) pour tenter de « contaminer » la société toute entière.
Il consacra sa vie au développement de l’Arche et à son œuvre philosophique, poétique et engagée. Il trouva le temps de parcourir le monde pour parler de la non-violence, de la vie intérieure et de l’Arche, pour alerter les risques d’un « déluge fait de main d’homme ». Il fut un précurseur des mouvements écologistes et prêcha la simplicité volontaire (l’équivalent de l’actuelle « décroissance soutenable) en pleines 30 Glorieuses ! Il meurt en 1981 en Espagne et est enterré à la communauté de la Borie Noble (Hérault).

L’Arche

- La non-violence : c’est une manière d’agir qui découle d’une manière d’être. Dire NON à la violence, c’est d’abord la reconnaître en soi-même pour commencer un chemin de transformation personnelle. C’est chercher à mettre cette non-violence en pratique dans ses relations avec les autres et si possible avec tous les êtres vivants et avec toute la nature.
Il en découle de nombreuses applications qui vont de l’éducation à la justice, de l’agriculture à l’alimentation, de la recherche d’autres formes de vie sociale à la préservation des écosystèmes, de la résolution des conflits à la communication entre les personnes. Pour chacun elle est une démarche de cohérence entre penser, dire et agir. Cette manière d’agir, appelée par Gandhi « force de vérité », nous fait également prendre conscience de notre propre responsabilité et nous conduit à un engagement personnel et public face aux injustices et à la violence en utilisant l’action non-violente

-L’action non-violente : pour reprendre une définition élaborée par des mouvements chrétiens dans l’ouvrage collectif « Lutter autrement », l’action non-violente peut être définie comme un mode de lutte visant à s’opposer à une injustice en essayant d’éveiller la conscience de tous les acteurs en mettant au grand jour le mensonge et l’injustice et en révélant ainsi où se trouve la violence. Ce mode d’action met en œuvre des moyens compatibles à cette fin, c’est à dire en respectant l’intégrité physique, psychique et spirituelle des adversaires, toujours considérés comme des personnes humaines. Cela passe d’abord, quand cela est possible, par la recherche d’un dialogue, d’une position constructive. Mais lorsque tous les moyens légaux ont été tentés, le militant non violent a recours à la désobéissance civile (concept élaboré par Thoreau dans « la désobéissance civile »), c'est-à-dire qu’il désobéira ouvertement aux lois qui garantissent cette injustice en obligeant ainsi la justice à les appliquer contre lui, lui donnant ainsi l’occasion de les dénoncer et d’en démontrer les méfaits publiquement. Cela peut passer par la non collaboration, le boycott, le jeune, les manifestations, les marches, l’objection de conscience, exceptionnellement la neutralisation de matériel… Pour approfondir cette notion, lire « Technique de la non-violence » de Lanza del Vasto.

- L’Arche :
Charte de l’Arche :
« Les membres de l’Arche :
s’engagent sur les chemins de la non-violence dans la lignée de Gandhi et de Lanza Del Vasto
font le choix d’une vie simple dans un désir de justice et de protection de la nature.
S’ouvrent au service et au partage.
Approfondissent leur vie intérieure
Reconnaissent les richesses de tous les chercheurs de vérité, religieux ou non.
Agissent pour la justice et la paix avec des moyens non-violents. »

Les membres de l’Arche, appelés " compagnons" et "compagnes " (« celui qui mange le même pain »), se reconnaissent par leur adhésion à cette charte. La plupart des compagnons aujourd’hui ne vivent plus en communauté, essayant de vivre ces valeurs dans leur famille, leur travail, leurs cercles militants, religieux, associatifs. Une minorité vit en communauté, qui est la forme d’engagement la plus radicale, c’est principalement sur elle que portera cette étude dans le sens où c’est elle qui va le plus loin dans la remise en question de l’ordre établi et qui peut être considéré comme un des « alter mondes possibles ». La vie en communauté est la tentative de vivre la non-violence dans tous les aspects de la vie.


II. BASE DE REFLEXION SUR LE MODE DE VIE COMMUNAUTAIRE

La lutte commence par soi-même

Tout combat contre une société injuste passe nécessairement par deux niveaux : selon Alain Accardo dans le petit bourgeois gentilhomme : « Il est parfaitement vain, selon nous, d’appeler à combattre le capitalisme en tant que structures objectives de domination, si l’on n’a pas compris que les structures en question sont aussi et indissociablement des structures incorporées, des structures de personnalité dont les individus sont porteurs du fait de leur socialisation » et Bourdieu dans « Leçon sur la leçon » : « Disons qu’une lutte politique organisée commence par soi-même », ce que disait déjà Lanza Del Vasto 40 ans plus tôt : « Révolution bien ordonnée commence par soi-même ».
Pour résumer, la lutte pour un autre monde passe à la fois par un combat externe contre les structures matérielles institutionnelles du capitalisme et un combat interne à chaque individu pour éliminer le formatage que le système nous a inculqué tout au long de notre vie.

*Combat extérieur : l’idée de la vie communautaire est de rentrer dans une critique constructive de la société, car il est trop facile de critiquer tout en profitant de ses avantages, c’est dire « face à l’injustice profonde du système, plutôt que de passer notre vie à le critiquer, imaginons un autre mode de vie et vivons-le dès maintenant ! » C’est aussi la démarche qu’ont adopté les résistants zapatistes au Chiapas depuis quelques années : plutôt que de lutter par la force toute leur vie pour leurs droits (déjà 10 ans !), ils prennent ce droit sans le demander à quiconque et reconstruisent des communautés indépendantes où ils vivent de manière plus équitable. De même, depuis 50 ans, l’Arche expérimente concrètement d’autres modes de vie ainsi qu’une réflexion sur le pouvoir, la répartition des richesses, la prise de décision, la justice, l’éducation, l’alimentation, etc.…

*Combat intérieur : de même que l’arche propose de combattre la violence de la société, elle propose d’affronter et de gérer sa propre violence intérieure et de se libérer de sa soumission au système, avec une série d’outils spirituels, artistiques ou artisanaux, tels que :
le rappel, la méditation, la prière, le jeune, le silence, le yoga, des exercices corporels de détente, d’attention, de concentration, de travail du souffle…
des parcours dans les chemins de guérison intérieure, spirituels et psychologiques
le chant, la danse, le théâtre, la calligraphie, l’expression picturale
le travail manuel : travaux de la terre, de la ferme et artisanats.

Pour illustrer cette idée, imaginons l’exemple d’une prise de pouvoir par des communistes ou des politiciens de gauche radicale n’ayant point conscience de cette intériorisation du capitalisme dans la structure psychique des individus et ne luttant que pour une révolution institutionnelle. Ils mettraient sans doute en place un système allant très loin dans la répartition des richesses, et la mise en cause de la propriété privée, ce qui est une bonne idée en soi mais si tout le monde y adhère. Or il est très hautement probable qu’une énorme majorité de gens ne seraient pas prêts à partager leurs biens et à vivre simplement, ce qui impliquerait alors un Etat totalitaire, des goulags, … Pour éviter cela, vivons-le en commençant par nous-même, en inventant d’autres modes de vie tout en nous transformant intérieurement et en souhaitant une contagion non-violente « par le bas »

b. Réformisme, Révolution, ou vie communautaire ?

Vivre en communauté, c’est sortir de l’éternelle querelle entre réformistes et révolutionnaires : ces derniers pensent que les réformistes ne font qu’adoucir le système et, ne remettant pas fondamentalement en cause sa structure finirait même par le renforcer. Quant à eux, les réformistes pensent que les révolutionnaires ne font pas avancer les choses en critiquant toute avancée réformiste. Et les deux ont raison !!!
Au lieu de passer sa vie à grignoter quelques avantages dérisoires qui ne remettent pas le système en question, ou à militer pour le Grand Soir qui n’arrivera probablement jamais tant la pensée révolutionnaire est radicale et la pensée unique (ce « consensus mou ») si bien installée…(Et quand bien même il arriverait, n’y aurait-il pas de nouveaux chefs beaucoup plus sanguinaires et autoritaires comme cela s’est toujours produit ? N’y aurait-il pas des centaines de morts pour un système peut-être pire ? N’oublions pas ce mot terrible de Jean Lasserre dans un ouvrage collectif du Mouvement International pour la Réconciliation : « le triomphe des riches est d’amener les pauvres à se tuer les uns les autres. Le cercle vicieux infernal de la violence et de la haine creuse rapidement un fossé irrémédiable entre les pauvres révoltés contre les riches et les pauvres enrégimentés pas les riches. Inconsciemment, les partisans de la guérilla proclament le contraire de la formule de Marx : prolétaires de tous les pays, divisez vous ! ». Et la fin du capitalisme viendra-t-elle par la mort ou l’éloignement des dominants actuels du système puisqu’il est admis que nous y sommes tous intérieurement soumis ?), l’Arche propose de vivre une vraie révolution extérieure et intérieure dès aujourd’hui.

c. Petite société non coupée de "La Société"

On objecte souvent aux partisans des communautés que la vie communautaire est comme la vie en monastère, c’est se couper du monde, vivre dans sa petite bulle en oubliant les horreurs qui se passent à côté. Trois réponses à cette objection :
Premièrement, Lanza Del Vasto comme Gandhi et ses ashrams, voyait la finalité de la vie en communauté comme une préparation intérieure et extérieure à l’action non-violente dans la société. Ainsi l’Arche a participé et participe encore à beaucoup de luttes non-violentes pour l’écologie, la justice et la paix (voir annexes). La proposition de l’Arche va donc très loin : transformer sa vie intérieure et son mode de vie extérieur afin de transformer la société !
Une valeur fondamentale de la vie communautaire est l’hospitalité, l’accueil. Ainsi de nombreuses personnes de toutes cultures, milieux sociaux et religions viennent tout au long de l’année passer une semaine, un mois, un an ou plus, pour découvrir cette vie là. Tous ces passages sont source d’enrichissement personnel, de rencontre avec la différence. Il arrive qu’on découvre en une semaine plus de personnes qu’en un an dans une grande ville ! En cela la communauté n’est pas un repli sur soi, mais plutôt un lieu privilégié pour la rencontre avec l’autre.
Ce n’est pas non plus vivre dans sa petite bulle non-violente entourée d’êtres doux et pacifiques ! C’est un combat permanent contre sa violence et celle d’autrui (« l’éternelle vigilance est le prix de la liberté ») et on retrouve toujours à un moment ou à un autre les mêmes problèmes que dans la société : rapports de domination, conflits parfois violents, mauvaise communication, … Vivre en communauté n’est pas résoudre tout ça d’un coup de baguette magique, c’est en prendre conscience et élaborer collectivement un travail dessus, travail qui s’avère souvent extrêmement difficile tant nous sommes chacun aveuglés par nos égoïsmes, nos passions et notre éducation ultra individualiste.

d. Laboratoire d’expérimentation, et non structure figée universalisable

Lanza Del Vasto n’a pas imaginé une structure communautaire unique reproductible à l’identique sur toute la surface du globe ! La communauté qu’il a fondée avec d’autres (qui existe encore depuis maintenant 50 ans) tente de vivre une vie rurale proche de la nature. D’autres communautés ont existé ou existent encore qui ont un projet de vie plus tourné vers l’accueil. A chacun d’inventer sa manière de vivre la non-violence selon ses aspirations personnelles : il avait imaginé, par exemple, des communautés itinérantes d’artistes ou encore des communautés vivant sur un bateau… Sa vision de la vie communautaire peut se résumer par la métaphore du « laboratoire » de vie : imaginer des expériences d’alternatives sociales pour un autre monde et les mettre en pratique. Ainsi, par exemple lors de la fondation de l’Arche, le mode de décision collective privilégié en communauté était l’unanimité totale et a évolué, pour de nombreuses raisons, vers la prise de décision au consensus en essayant de prendre en compte au maximum la position de la minorité.


III. ALTERNATIVE ECONOMIQUE : LA DECROISSANCE

Aujourd’hui, 20% des habitants de la planète consomment (pillent) 80% des ressources naturelles. Cette donnée est absolument catastrophique pour l’environnement et pour les 80% d’êtres humains qui doivent se contenter du reste. Les uns après les autres, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : la planète se meurt, 100 espèces animales et végétales disparaissent par jour. Les biologistes l’affirment : « chaque fois qu’une espèce disparaît, c’est comme si on enlevait un rivet sur un avion. » Et Albert Einstein nous disait : « si l’abeille venait à disparaître de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que 5 années à vivre. » Le pire, c’est que cette destruction quasi irréversible est engendrée seulement par 20% de la population : globalement les occidentaux, nous, qui surconsommons et gaspillons les précieuses ressources naturelles les _ du temps pour des gadgets ou des produits souvent inutiles que nous impose l’idéologie de la croissance et du bonheur par l’acquisition de biens matériels véhiculée (martelée, gravée, imprimée dans les cerveaux) par la publicité, les médias et les politiciens, qui nous poussent à acheter pour répondre à des besoins créés de toute pièce. Le reste de la population étant victime d’un pillage massif de ses ressources naturelles pour nos besoins artificiels ! A lire absolument : le bel ouvrage collectif « Objectif Décroissance » (voir en bibliographie) !

Exemples :
Équivalent gaz carbonique produit par habitants des pays riches : 3 tonnes
Équivalent gaz carbonique produit par habitants des pays pauvres : 0,5 tonnes
Équivalent gaz carbonique que peut absorber la planète par habitant : 0,5 tonnes

Et si tout le monde consommait comme un français lambda, nous aurions besoin de huit planètes. Bref, une chose est sûre : nous ne pouvons pas continuer, ce chemin pris par une partie de l’humanité mène à une impasse. Face à l’urgence, deux choix possibles : ne rien changer à sa vie en déchargeant ses responsabilités sur les politiciens, la Science et la Technique, c’est l’option « développement durable ». Ou bien remettre les pieds sur Terre, intégrer les limites de la planète et la nécessité absolue de partager. Gandhi disait « il faut vivre simplement, simplement pour que les autres puissent vivre » et parlant du progrès (scientifique et technologique) : « il ne peut pas donner des richesses, et s’il les accumule quelque part c’est qu’il les a retirées d’ailleurs à la manière d’une pompe. Nous qui sommes du côté où il a fait le vide, nous le savons », ce qui signifie concrètement de réduire ses besoins matériels au strict minimum et de redistribuer le trop plein (Grégoire le Grand disait : « si tu possèdes une deuxième paire de chaussure et qu’un pauvre va nu-pieds, tu n’a pas à la lui donner mais à la lui RENDRE ») c’est l’option « décroissance soutenable ». Elle implique une responsabilité individuelle et collective, un essai de remettre l’Economie, la Science, la Technique au service de l’Humanité et non du profit, cette divinité des temps modernes.
C’est ce que propose l’Arche : une simplification de l’Avoir non comme une fin en soi, mais par souci de justice et d’écologie et comme un moyen pour se recentrer sur l’Être. La décroissance (dont Lanza Del Vasto parlait en terme de « simplicité volontaire ») est prônée par l’Arche depuis 50 ans (avant même que la menace de la fin de l’humanité ne devienne une réalité, en pleine période de forte croissance économique).
Cela s’est traduit différemment selon les communautés et les époques allant de la production/consommation locale de nourriture, vêtements, habitat, à la redistribution des surplus quand il y en a, en passant par l’absence d’électricité, le végétarisme (« Avec la quantité de céréales qu’il faut pour nourrir une personne à partir de viande, on peut nourrir 7 personnes à partir de pain et plus de 20 personnes à partir de graines germées et de jeunes pousses »), par la recherche de techniques simples et respectueuses des hommes et de l’environnement, la suppression du salariat (forme moderne de l’esclavage), le travail rural ou l’artisanat (où l’épanouissement du travailleur est toujours le premier).
A ce titre, l’organisation du travail dans l’Arche permet ainsi d’éviter une aliénation (selon le Petit Larousse 2002 : « état de l’individu dépossédé de lui-même par la soumission de son existence à un ordre des choses auquel il participe mais qui le domine ») à un travail à la fois inintéressant et inutile, voir nuisible socialement et écologiquement, où l’on « perd sa vie à la gagner ». Mais elle permet aussi d’éviter l’aliénation à un patron, le travailleur n’étant plus un simple outil de production au service du capital, au contraire le travailleur a la première place et son travail n’est plus un but en soi mais un outil d’émancipation :
_ dans la mesure où il est nécessaire à l’ensemble de la communauté et ainsi reconnu par tous. La répartition des diverses activités et de leurs fruits se faisant équitablement : chacun selon ses moyens et à chacun en fonction de ses besoins, nul n’étant ainsi laissé sur le carreau. Ce fonctionnement prend à contre-pied l’idéologie libérale selon laquelle : « à chacun selon ses capacités à exploiter son prochain, et tant pis pour les autres » !
_car il relie les hommes à la nature: étant plus proche et dépendant d’elle ils ont à préserver un équilibre écologique. Et pour cela ils doivent éliminer la vision actuelle de l’environnement considéré comme un « ensemble de richesses à exploiter » pour adopter une vision chère à beaucoup de peuples moins dégénérés : « ce n’est pas la Terre qui est à nous, c’est nous qui sommes à la Terre » (« Paroles d’Indiens »)



IV. ALTERNATIVE POLITIQUE ET SOCIALE

Les communautés de l’Arche, depuis leur fondation, tentent d’expérimenter des formes de vie sociale alternatives à la société actuelle violente fondée sur la domination des plus riches, des plus intelligents, des plus beaux parleurs, bref une société inhumaine où chacun délègue son pouvoir de décision à un chef si haut placé qu’il prend des décisions pour des millions d’individus qu’il ne connaît pas, et dont la vie quotidienne n’est souvent pas la première préoccupation. Et même si ces chefs ne sont manifestement pas les seuls à gouverner tant le pouvoir des grands groupes multinationaux et financiers est immense dans le contexte de la mondialisation néolibérale…



a. Le consensus

L’Arche prône et tente de vivre des rapports sociaux plus humains et une forme de démocratie directe radicale et non-violente. Cela passe d’abord par la taille : au cours de l’Histoire, les êtres humains ont élaboré différentes formes de vie sociale pour en venir à l’Etat. Il est important de noter que c’est un choix parmi d’autres : on n’a pas toujours vécu comme cela et on ne vivra sûrement pas toujours comme ça, l’Etat n’est qu’une forme parmi d’autres et n’est pas « bonne en soi ». L’Arche propose une société formée d’une multitude de petite sociétés à taille humaine où se vit la démocratie directe. Les décisions sont prises au consensus : chacun s’exprime et est écouté car nulle décision ne peut être prise sans lui.
Ainsi se trouve supprimée l’inacceptable distinction gouvernant - gouvernés. De même que dans les élections et les scrutins, la simpliste et déchirante séparation entre les majoritaires (qui sont censés imposer leur point de vue et prendre le pouvoir) et les minoritaires (qui n’ont pas officiellement le pouvoir mais qui feront tout pour bloquer la politique majoritaire, même en ce qu’elle a de bon).

b. L’autorité

Une autorité existe dans les communautés de l’Arche mais cette place de chef (« responsable »), qui tourne régulièrement, n’est qu’une place de service égale aux autres. Le responsable n’est qu’un arbitre, soumis comme les autres aux lois du consensus et dont la fonction est de permettre de maintenir ce consensus. Pour cela, il veille au respect des règles et coutumes communes sur lesquelles tous se sont accordés et qui constituent l’ossature de la vie sociale de l’Arche. Il ne jouit d’aucun privilège et vit comme les autres. D'ailleurs un œil extérieur aura bien du mal à deviner qui est le responsable.

c. La désobéissance

Si un des engagements que l’on prend en venant à l’Arche est le respect et l’obéissance aux règles établies collectivement, cette obéissance doit se faire en conscience. Et si une décision venait heurter la conscience d’un compagnon ou d’une compagne, celui ou celle-ci aurait le devoir d’appliquer la désobéissance non-violente, nul ne pouvant se réfugier derrière une obéissance servile et aveugle.

d. Distinction du système marxiste

Tout ce que nous venons d’écrire sur la politique dans l’Arche montre ce qui distingue les petites communautés gandhiennes du système marxiste. L’Homme ici est le premier. Les distinctions ou oppositions de classe n’existent plus à l’intérieur d’une communauté qui cherche le partage des biens et des décisions. De la même manière qu’à l’encontre du capitalisme l’Arche affirme qu’il faut stopper la marchandisation du monde, quitter l’Avoir pour revenir à l’Être (pour Aimer), par rapport au marxisme elle affirme qu’il est possible de mettre l’Homme en premier, au-delà des phénomènes de masse, au-delà des classes. Tout Humain étant un être trop complexe pour que quelqu’un d’autre puisse décider à sa place ce qui est bon ou mauvais pour lui, l’Arche propose de fonder une société d’hommes libres sans passer par la case « dictature du prolétariat ».
La liberté d’avoir une pensée différente, la liberté de la dire, doit exister dans tout régime politique, si on ne veut pas le voir devenir répressif et policier. L’Arche sur ce point n’est qu’une manière parmi d’autres de revenir à l’Essentiel, n’est qu’un moyen d’exclure de nos sociétés les fléaux construits par nous-mêmes : guerre extérieures et intérieures, misère, servitude…
Une illusion serait d’avoir une vision manichéenne de la société. Des Gentils existeraient (dont nous ferions partie) qui seraient exploités par des Méchants. Il suffirait d’éliminer ces derniers pour que la paix et la justice puissent exister.
Vision simpliste, qui oublie que le mal et le désir d’exploiter sont aussi en nous.
Vision démagogique, puisqu’elle unit facilement contre un ennemi commun
Vision dangereuse, puisqu’elle invite à se débarrasser par tous les moyens des hommes qui nous empêchent d’accéder à de si belles fins.
Vision hypothétique enfin, puisqu’elle rejette à l’après-révolution le droit d’avoir la maîtrise de son propre destin.

Dans l’Arche, des hommes et des femmes vivent dès aujourd’hui le contrôle et la maîtrise de leur vie. Ensemble, ils goûtent ce qui nous est promis pour l’après-révolution. Ce que l’on veut pour plus tard, il faut commencer par le faire tout de suite ! Sinon on quitte le présent pour un futur hypothétique dont ne sont assurées que les certitudes du sang par lesquelles ont tente de les réaliser.


V. ALTERNATIVE SPIRITUELLE AU MODE DE VIE CONSUMERISTE

De l’esprit de profit et de domination vu comme le péché originel et de la nécessaire sortie du « matérialisme hédoniste narcissique »

Lanza Del Vasto a interprété le péché originel(1) comme l’esprit de profit et de domination, il voyait comme une donnée anthropologique de base le fait de tout tirer vers soi et de se servir de l’intelligence (qui n’est qu’un moyen : de domination, de spéculation pure, ou un outil de créativité, selon le choix qu’on opère) pour assouvir cette soif de puissance. Il a dénoncé très tôt, avant l’arrivée du nucléaire et des OGM, l’asservissement de la science aux puissances de l’argent. Ainsi, pour lui l’homme moderne est un homme qui vit la tête en bas et le ventre en l’air : le ventre en l’air signifiant le profit d’abord et la tête en bas signifiant l’intelligence au service du ventre. On peut alors définir l’actuelle mondialisation libérale et l’AGCS (Accord Général du Commerce des Services : accord de l’OMC qui prévoit la mise sur le marché de tous les services publics : santé, environnement, eau, éducation, transports…) comme l’aboutissement parfait de l’esprit de profit érigé en système économique et politique. Si ce système est une conséquence du péché originel, en sortir passe forcément par une libération intérieure par rapport à cet esprit de profit et de domination.
Pierre Bourdieu, Alain Accardo, et d’autres encore en sont arrivés aux mêmes conclusions en passant par les sciences sociales (voir chapitre II.a). Par exemple, concernant notre structure psychique, Accardo dit dans « le petit bourgeois gentilhomme »: « celle-ci a été pétrie et façonnée par un environnement social dominé par les structures du système capitaliste, et l’intériorisation de la logique de ces structures a installé en chacun de nous une sorte d’automate, une marionnette d’autant plus asservie qu’elle se croit plus libre, et qui se croit d’autant plus libre qu’elle ignore davantage par quelles ficelles elle est mue ».
Tentons de résumer par un petit schéma « idéal typique » (voir M.WEBER) le psychisme de l’individu occidental formaté par le capitalisme pour s’adapter au capitalisme (et que le penseur américain Christopher Lasch appelle « la culture du narcissisme »).(2)






































(1)péché originel: dogme religieux issu de la Genèse (mythe biblique de l’Ancien Testament traitant de l’origine du monde). Pour un approfondissement de cette interprétation : «Approche de la vie intérieure » de Lanza del Vasto. P.165
(2) schéma issu d’une brochure du collectif des luttins « la culture du narcissisme » (voir bibliographie)


*


N.B. : ce petit schéma est évidemment caricatural et n’engage que moi. Par les flèches représentées, j’ai essayé de mettre en évidence la notion de cycle. Nous naviguerions dans ces différents processus mentaux selon nos phases d’existence. Les flèches en trait plein indiquent le parcours le plus probable et majoritaire. Les flèches en pointillé représentent les chemins les plus improbables et difficiles.


b. Spiritualité de l’Arche

La spiritualité de l’Arche est un acte de libération de l’esprit de profit et de domination en vue d’un retour vers l’Essentiel, ce pour quoi nous sommes sur Terre : l’Amour. On pourrait la résumer par cet extrait d’une prière de Saint-François d’Assise : « Fais Seigneur, que nous ne cherchions pas tant d’être comblés que de combler, d’être compris que de comprendre, d’être aimé que d’aimer. Car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en pardonnant qu’on est pardonné. C’est en mourrant à soi-même que l’on renaît à la vie éternelle. »
Mais laissons parler les membres de l’Arche eux-mêmes qui viennent de redéfinir collectivement en janvier 2004, leur vision de la spiritualité.

« La non-violence expérimentée dans l’Arche nécessite un retour sur soi, un mouvement de conversion – jamais achevé – afin d’appréhender l’unité intérieure de chaque créature et l’unité de la Création. Elle repose sur ce que l’on peut appeler une spiritualité de la relation, la contemplation du fait que nous sommes tous reliés les uns aux autres, animés du même souffle. L’autre, aussi étranger ou étrange qu’il puisse paraître, m’est un semblable.

L’Arche s’inscrit dans ce courant qui reconnaît à la personne humaine, non seulement ses dimensions physique, psychique et sociale, mais aussi sa dimension spirituelle. C’est cette dimension spirituelle qui pousse la personne à faire en sorte d’être et de rester sujet et non objet ; qui la met en mouvement, en chemin, dans une quête de vérité, de beauté, dans une recherche sur le sens à donner à sa vie ; qui l’introduit dans la contemplation du mystère de la vie et de la mort ; qui la fait dépasser les besoins d’avoir et de faire pour aspirer, surtout, à être, être pleinement soi-même, digne, debout et reliée aux autres.

L’Arche reconnaît en tout homme cette dimension spirituelle indépendamment d’une appartenance religieuse ou confessionnelle. A partir du fond commun des grandes sagesses de l’humanité, elle propose un chemin de connaissance, de possession et de don de soi. Elle incite chacun de ses membres, par des exercices simples, à cultiver la présence à soi-même en commençant par le rappel de la conscience, qui consiste à suspendre l’activité un court instant pour se retrouver soi-même et tourner son regard intérieur vers l’essentiel ; à cultiver la présence aux autres par l’attention, le service, la pratique de l’hospitalité ; la présence au Tout Autre par la méditation et la prière. Elle invite chacun à chercher l’unité intérieure de son être, par une ascèse bien comprise (jeûne, silence), par le chant, la danse, la pratique des arts et du travail manuel, par des exercices corporels, de détente et de contrôle du souffle. Elle donne à la fête, expression communautaire de cette unité, une place privilégiée.

Les pratiques spirituelles proposées par l’Arche, qui trouvent leurs prolongements dans les enseignements donnés par les diverses religions et écoles spirituelles, engagent dans cette quête d’unité intérieure pour une plus grande ouverture, une meilleure relation à l’autre : L’homme, écrivait Lanza, est un vivant, sinon un et conscient, du moins capable d’unité et de conscience et par conséquent d’union consciente, ou amour ».

c. Position de l’Arche par rapport aux religions

L’idée de l’Arche est de faire vivre ensemble des gens de culture, d’origine sociale, et… de religions différentes pour découvrir ce qui est essentiel et universel en chacun et que malgré toutes nos différences nous pouvons vivre ensemble grâce à cet essentiel. Depuis sa fondation, la position religieuse de l’Arche repose sur un double principe : elle respecte et accueille le cheminement spirituel de chacun (à l’exclusion de tout fanatisme et sectarisme) en invitant les membres croyants à se « relier », à s’enraciner dans leur propre tradition religieuse pour la pleine expression de leur vie spirituelle. En même temps elle aspire à un respect et à une ouverture envers les autres religions et les « chercheurs de vérité » n’étant rattaché à aucune tradition particulière.
La Communauté reste structurellement indépendante de toute religion. Cependant il est possible, au sein de l’Arche, que l’un ou l’autre projet soit conçu par des hommes et des femmes souhaitant exprimer et vivre leur foi commune.

d. La Fête

La fête est l’un des symboles forts par lesquels l’Arche se démarque du mode de vie consumériste. Dans notre société, le plus souvent: fête est synonyme de consommation : on vit une fête en consommateur, on arrive sans avoir préparé, on boit, on rit et on part. Ou bien on la prépare mais alors il faut acheter : nourriture, boisson, cadeaux, emballages, décoration. Tout ça pour un plaisir fugace, divertissant, correspondant parfaitement à "l’hédoniste narcissique", comme le fait remarquer Alain Accardo dans « Le petit bourgeois gentilhomme » : « Combien réalisent que c’est précisément quand on croit faire tout autre chose que de la politique (sport, musique, tourisme, fête) qu’on fait aussi et peut-être mieux le jeu d’un système qui travaille les gens de l’intérieur au moins autant que de l’extérieur, comme en témoigne, pour n’en donner qu’un exemple caricatural, l’adoption enthousiaste de pratiques aussi manifestement suscitées et imposées par les marchands qu’Halloween, ou encore la transformation de Noël, en principe temps fort de la vie spirituelle, en célébration grossièrement matérialiste d’une dolce vita placée sous le signe de la consommation débridée et d’un gaspillage qui insulte au dénuement des pauvres. »
Au contraire, la fête à l’Arche est un temps fort de la vie communautaire. A la fois temps de partage fraternel et de construction collective d’unité : partage des préparatifs avant la fête, et partage pendant la fête (nourriture, art, célébrations,…), c’est aussi un moment intense où chacun se révèle aux autres dans son identité personnelle à travers ses talents personnels : artistiques, animation, humoristiques,… Enfin, la fête est une recherche de beauté et de simplicité, sa réussite ne sera pas due à la quantité ni à la qualité d’aliments, de spectacles, etc… mais à la richesse et l’intensité des liens créés entre les individus. Cela rejoint la notion de convivialité liée à la décroissance, développée dans un ouvrage d’Ivan Illich « la convivialité ».


VI. ACTUALITE DE L’ARCHE

Aujourd’hui, en 2005, alors qu’il y a eu jusqu’à une douzaine de communautés de l’Arche dans les années 70, il n’en existe plus que trois en France: la maison mère, La Borie Noble (Hérault) qui vit encore sur un mode très rural (production de légumes, pain, fromage, lait, tractage animal, ferme, artisanat…) et où vivent en permanence une vingtaine de personnes. La Fleyssière, à 2km de la précédente, qui vit aussi de manière rurale mais en accueillant quelques sessions (yoga, poterie, …). Et Saint-Antoine l’Abbaye (Isère) qui fait un choix de vie moins rural, tourné davantage vers l’accueil et qui vit en grande partie de l’accueil de sessions (chants, danse, action non-violente, calligraphie, musique sud-américaine, yoga, gestion des conflits, théâtres, …) et où vivent une cinquantaine de personnes environ.
L’Arche est aujourd’hui composée d’une grande partie de personnes vivant hors communauté un peu partout dans le monde, ses membres ont donc réorganisé les règles de vie et la structure générale de l’Arche qui étaient auparavant bâties de manière à ce que tout gravite autour des communautés. Désormais celles-ci ne sont plus que des branches parmi d’autres sur un même arbre, animées par une sève commune. Cet arbre est rebaptisé « La Communauté de l’Arche » et les communautés « maisons communautaires ».

CONCLUSION

Cette brochure n’est pas un texte « officiel » de l’Arche, elle est une synthèse de plusieurs réflexions (personnelles ou non) qui n’engagent que moi (qui ai grandi en communauté et qui en suis toujours proche). Sorte de traduction ou d’actualisation d’un message universel rapporté du fond des âges par Gandhi puis Lanza Del Vasto en langage sociologique et politique, au mieux cette brochure vous donnera peut-être l’envie d’approfondir la question (et pourquoi pas d’aller faire un tour à l’Arche ?), sinon elle vous aura au moins fait réfléchir et c’est déjà ça : l’important est de prendre du recul de temps à autre sur sa société, son mode de vie, de prendre conscience que le monde actuel n’est pas une fatalité puisque d’autres vivent différemment, qu’on a un rôle social mais que, dans le fond, il est possible d’en sortir et de ne plus vivre sa vie comme une marionnette…
Ce texte n’a pas non plus la prétention d’être exhaustif tant la pensée de Gandhi et celle de Lanza Del Vasto sont riches. Il fait l’impasse sur un certain nombre de points (sens de la beauté, du travail manuel, de l’éducation, de l’alimentation, rapports hommes/femmes, place des enfants, etc.…) qui mériteraient d’être traités, tant la vie à l’Arche est l’essai (il est toujours important de le rappeler, ce ne sont que des tentatives, toujours inachevées et en perpétuel renouvellement…) de vivre une cohérence, une unité de vie : l’application de l’idée de Non-violence dans tous les aspects de la Vie. Et si, par manque de temps et de place, je n’ai pu le faire, je ne puis que vous encourager à vous lancer dans la démarche !

Merci de votre attention


VII. ANNEXES

Actions non-violentes.
Quelques dates :
1937 : Rencontre de Lanza del Vasto avec Gandhi
1948 : Fondation de la première communauté de l’Arche
1957-63 : Actions contre la torture en Algérie et mise en place d’un service civil pour les réfractaires.
1958 : Lutte contre la fabrication de la première bombe nucléaire française
1963 : Jeûne de Lanza del Vasto à Rome pour demander au Concile Vatican II la condamnation des armes de destruction massive et la reconnaissance de la non-violence
1972-81 : Participation à la lutte contre l’expansion du camp militaire du Larzac
1976-79 : Actions contre le nucléaire (Malville, Golfech, Plogoff)
1983 : Jeûne à Rome de Pierre et Thérèse Parodi pour renouveler la demande d’une condamnation claire de l’armement nucléaire de la part de l’Eglise Catholique
1987 : Soutien actif à la lutte du peuple Kanak pour la reconnaissance de ses droits
1990: Participation à la fondation de Stop Essais, campagne internationale pour l'arrêt des essais nucléaires
1991: Jeûne à Paris à l'occasion de la guerre du Golfe. Prière Interreligieuse avec des chrétiens, des musulmans et des juifs
1992-95: Participation à diverses actions pour la paix en ex-Yougoslavie et aux convois d'Equi-Libre
1995: Prière Inter-religieuse à l'Unesco avec Pax Christi (50 eme anniversaire d'Hiroshima) contre tous les terrorismes
1999: Jeûne à Paris contre les bombardements de l'OTAN au Kosovo
2003: Jeûne à New-York devant l'ONU contre la guerre en Irak
2004: Organisation et participation au collectif "faucheurs volontaires", lutte contre les OGM

b:Références bibliographiques:
_Alain Accardo: "Le petit bourgeois gentilhomme". Ed. Labor/ Ed. Espace de Liberté
_Alain Accardo: "De notre servitude involontaire" Ed. Agone 2001
_Pierre Bourdieu: "Leçons sur la leçon »1982
_Lanza del Vasto "le pèlerinage aux sources". Denoël 1943
_Lanza del Vasto "Technique de la non-violence". Denoël 1971
_Lanza del Vasto « Approche de la vie intérieure » Denoël 1962
_Gandhi "Tous les hommes sont frères" Ed Gallimard
_Des chrétiens s’expriment « Lutter autrement, pour une action non-violente reponsable et efficace ». Ed. Nouvelle Cité. 1989
_Jean et Hildegarde Goss « Une autre révolution » Ed. du Cerf. 1969
_Paroles d’Indiens
_Henry Thoreau « la désobéissance civile » 1849
_Ivan Illich « la convivialité » Ed Seuil 1973
_Ouvrage collectif « Objectif décroissance » Ed Parangon 2003
_Brochure "La culture du narcissisme" du collectif des Luttins
(http://luttins.ouvaton.org)

c. Coordonnées des communautés

_Communauté de l'Arche
La Borie Noble
34650 Roqueredonde
04-67-44-09-89

_Communauté de l'Arche
La Fleyssière
34650 Joncels
04-67-44-40-90

_Communauté de l'Arche
Cour du cloître
38160 St Antoine l'Abbaye
04-76-36-45-52
Préparé par : Jean-Baptiste Nedelcu
2005